Un an avec blueEnergy : entretien avec Jessie

Un an avec blueEnergy : entretien avec Jessie

 

Par Barbara Quillec, traduit de l’anglais par Claudine, Niels et Gargamel –  

Chaque année blueEnergy Nicaragua accueille entre 8 et 12 volontaires internationaux dans le cadre du Global Leadership Program (plateforme d’apprentissage en immersion pour les acteurs de l’énergie, de l’accès à l’eau, du changement climatique et du développement international), et Jessie en faisait partie. Elle est restée à Bluefields pendant presque un an et demi. Au départ, elle avait rejoint l’équipe de Développement Institutionnel et Gestion de Fonds, puis elle a intégré l’équipe Changement Climatique lors de ses derniers mois au Nicaragua. Nous nous sommes assis avec elle durant son dernier jour à blueEnergy et nous lui avons demandé de résumer son passage au sein de l’association, d’un point de vue à la fois personnel et professionnel.

Si vous envisagez de rejoindre l’un de nos programmes, nous vous recommandons de lire attentivement son témoignage, il vous donnera beaucoup d’astuces pour passer le meilleur moment possible à Bluefields et au sein de blueEnergy !

Travailler avec blueEnergy

Bonjour Jessie ! Peux-tu nous parler un peu de toi et de ton parcours ?

Je m’appelle Jessie Wellard, j’ai fait des études d’agro-développement international, principalement liées à des projets de développement à l’étranger. Pendant mes cinq années d’études j’ai eu l’opportunité de faire des stages à l’international, qui m’ont plus tard dirigée vers blueEnergy.

J’ai fini mes études à la fin de l’année 2012, et j’ai ensuite pris une année sabbatique pour rester en Europe, car je rentrais tout juste de Mexico où j’avais étudié et fait un stage. J’ai vu une offre d’emploi au sein de blueEnergy pour participer au développement institutionnel et à la levée de fonds. J’ai postulé, et ma candidature a été acceptée ! Il s’est ensuite avéré qu’un poste était aussi disponible pour mon petit ami au sein du programme Eau et Assainissement. Nous nous sommes dit « allons-y ! »

Quel était exactement ton travail au sein de blueEnergy ?

Ma mission initiale d’un an était de trouver de nouvelles opportunités de partenariats pour les projets et de faire de la levée de fonds. Les bureaux en France et aux Etats-Unis identifient des projets pour lesquels nous pourrions obtenir des financements et ensuite les équipes ici sélectionnent ceux qu’elles trouvent les plus pertinents et les plus stratégiques. Ensuite nous rédigeons les projets, les budgétisons, et réalisons une proposition narrative suivant les critères de l’organisation à laquelle nous nous adressons.

Qu’est-ce que tu as le plus aimé dans ton travail ? 

Ce que j’ai le plus aimé dans le développement institutionnel était d’avoir une vision globale sur l’action de blueEnergy, et de devoir planifier les activités futures de tous ses programmes, sans se focaliser sur une chose en particulier.

J’ai aussi décidé de prolonger mon implication au sein de blueEnergy pendant trois mois. J’ai travaillé essentiellement avec le programme Changement Climatique, pour les aider à élaborer des plans d’adaptation des communautés aux effets changement climatique. Cette partie de ma mission m’a beaucoup plu ! Cela m’a permis de me rendre plus fréquemment sur le terrain, et d’être en contact direct avec les bénéficiaires, ce qui était vraiment génial.

Pourquoi as-tu décidé de rejoindre le programme Changement Climatique en particulier ?

Il m’a été proposé de rejoindre ce programme car à cette période, il manquait d’effectif, alors j’ai tout de suite dit oui ! Au départ je devais passer la moitié de mon temps sur ce programme et l’autre moitié sur le programme de ma mission initiale, mais finalement, avec l’arrivée de deux nouvelles volontaires (Barbara et Ainhoa) pour me remplacer, j’ai pu passer 100% de mon temps au sein du programme Changement Climatique.

A quelles difficultés as-tu dû faire face en travaillant pour blueEnergy ?

En y réfléchissant, je ne vois rien de vraiment difficile ou frustrant à mentionner. Parfois, on avait beaucoup de travail, des réunions et des délais assez courts pour se renseigner sur des informations peu aisées à trouver. Je pense que c’est l’aspect principal. C’est une petite structure qui mène beaucoup d’activités, c’est donc assez récurrent de se retrouver à faire un tas de choses à la fois !

Et quelle est ta plus grande fierté ?

Ici à blueEnergy je suis fière d’avoir participé à beaucoup de choses ! Je ne pense pas que je puisse m’attribuer une réussite précise, mais je suis très contente d’avoir participé à toutes ces activités !

Si je devais choisir une chose, ce serait plutôt la réussite d’un projet personnel, que j’ai développé ici. Après le Service Civique, il est possible de candidater auprès d’un Institut qui soutient les projets professionnels présentés par les candidats. Je leur ai envoyé mon projet, qui consiste à créer une activité de recyclage, et j’ai été acceptée !

Quel est ton meilleur souvenir à blueEnergy ?

Ah, ça ce n’est pas facile comme question ! Les moments les plus marquants sont probablement ceux passés sur le terrain. J’ai installé un panneau solaire à San Mariano ce qui était vraiment une belle expérience. Ensuite je dirais que ce sont les formations auxquelles j’ai participé avec le programme Changement Climatique, et la conception de plans d’adaptation. Voir à quel point les participants étaient enthousiastes à ce sujet était vraiment encourageant et gratifiant, à la fois pour la communauté mais aussi pour nous !

Qu’as-tu appris depuis que tu es arrivée ici ?

J’ai pu connaître le Nicaragua ! Et puis, pendant mes études j’ai étudié la gestion de projet mais je n’avais jamais eu l’opportunité de mettre réellement mes connaissances en pratique sur des projets de cette ampleur. Sur le plan plus personnel, la rencontre avec des nationaux et des internationaux, à la fois à l’intérieur et à l’extérieur de blueEnergy était vraiment enrichissante, je pense que c’est même la composante la plus enrichissante de mon expérience.

La vie à Bluefields

Qu’est-ce qui t’a le plus manqué pendant ton séjour à Bluefields ?

Le fromage ! Le fromage français ! Principalement ça. On trouve du vin ici, et même s’il ne tient pas la comparaison avec le vin français, au bout de six mois on a l’impression que c’est le meilleur vin qu’on ait jamais bu !

Une autre chose, qui n’a pas été un problème pendant l’année que j’ai passée ici, mais qui l’aurait peut-être été si j’avais décidé de rester plus longtemps, c’est l’aspect culturel. Il y a de nombreux événements culturels ici mais le week-end on ne peut pas décider, comme ça, d’aller au cinéma ou dans un musée. Je n’en ai pas vraiment ressenti le besoin mais si j’avais décidé de rester plus longtemps cela aurait peut-être été un problème.

Qu’est-ce qui va te manquer le plus de la vie à Bluefields ?

Les gens que j’ai rencontrés, les amis que je me suis faits. Ce qui va me manquer le plus de la vie ici, c’est le climat, la chaleur, la façon dont les gens sont beaucoup plus décontractés – je vais avoir du mal avec les horaires en France !

Et la vue qu’offrent les paysages magnifiques, la vie en communauté. Je ne pourrai plus aller à Kakabila passer le week-end !

Que faisais-tu pendant tes temps libres ?

A Bluefields la vie est très décontractée, on passe beaucoup de temps avec les gens. Parfois on allait dans les communautés les plus proches. Et on partageait souvent les repas avec nos amis de là-bas. Notre activité principale : faire la cuisine, manger et se détendre !

En dehors de Bluefields, quels ont été tes lieux préférés ?

J’ai eu l’occasion de visiter des communautés et c’était toujours agréable. Je suis aussi allée sur la Côte Pacifique, il y avait de belles plages mais j’ai préféré le sud de l’île Ometepe. C’est vraiment beau, paisible et les paysages sont magnifiques. C’est là que nous avons passé Noël l’an dernier et c’était un moment formidable. Ici, côté Caraïbes, il y a les Pearl Keys et Corn Island qui sont très agréables à visiter.

jessie4

Jesse et ses amis en voyage en panga

Quels conseils donnerais-tu aux personnes qui veulent rejoindre blueEnergy ? Que leur conseillerais-tu d’apporter ?

La patience ! La première chose que je leur dirais : prenez les choses comme elles viennent, ne vous arrêtez pas sur ce qui est nouveau pour vous et auquel vous n’êtes pas habitués. C’est un mode de vie différent, il faut être patient sur beaucoup de choses, avec beaucoup de gens et dans de nombreuses situations, mais toujours garder son calme.

En arrivant à blueEnergy comme volontaire vous devez vous attendre à ce qu’au début il y ait des hauts et des bas ; vous aurez à découvrir ce que l’on attend de vous, où vous devez vous rendre, apprendre qui est qui, comment les choses fonctionnent. Il faut du temps pour se mettre dans le bain, mais si au départ vous avez déjà ça à l’esprit, si vous savez que c’est comme ça que ça va se passer, vous ressentirez moins de frustrations. C’est comme ça. Ce n’est pas vous, ou votre responsable, ou tout autre personne qui êtes en en cause, c’est juste la façon dont les choses se font ici.

Et s’il n’y avait qu’une seule chose qu’elles devraient emporter ?

DU FROMAGE ! Déjà, vous vous ferez des amis parmi les volontaires ! Mais au fond, vous pouvez trouver presque tout ici, même si la qualité n’est pas la même. Je ne me souviens pas m’être dit « oh j’aurais dû apporter ci ou ça ! ». Prévoyez ce que vous emportez habituellement : hamac, vêtement de pluie, appareil photo, sac à dos, …

Et maintenant ?

Et maintenant quelle est ta prochaine étape ?

Pour le moment, je retourne en France pour voir ma famille et vais y rester un peu. Je veux profiter de cette opportunité que j’ai avec l’Institut, pour réfléchir à mon projet, au business plan etc.

Peux-tu nous en dire plus à ce propos ?

C’est un Institut français qui aide les jeunes volontaires une fois qu’ils ont terminé leur mission. Ils ont trois gros programmes. L’un est d’aider les personnes retenues à mettre en place leur propre activité, l’autre est de les aider à trouver un emploi et le dernier est d’apporter un soutien aux études.

Si tu es sélectionné, tu obtiens de l’aide pour une année. Tu as un tuteur au sein de l’institution qui t’aide à trouver des partenaires, élaborer un business plan et beaucoup d’autres choses. Ils organisent aussi des cours qui rassemblent tous les lauréats. C’est une très bonne opportunité pour se faire des contacts.

En quoi consiste ton projet ?

Mon projet n’est pas complètement défini, mais il s’agirait de mettre en place une structure pour collecter et trier les déchets ou matériaux inutilisés et les transformer en créations artistiques ou en objets et accessoires utiles qui seraient vendus dans une petite boutique/galerie. Pour être tout à fait exhaustif, l’idée serait de collaborer avec des jeunes qui ne seraient pas nécessairement diplômés mais qui auraient des talents manuels et créatifs, et de leur offrir l’opportunité de travailler dans quelque chose qu’ils font bien, créer leurs propres objets et les vendre en tant qu’artistes et créateurs. Ils pourraient aussi organiser des ateliers à destination de différents types de publics : des écoles ou des entreprises, pour sensibiliser aux questions de diminution des déchets et à la réutilisation.

Merci d’avoir pris le temps de répondre à nos questions. As-tu quelque chose à ajouter ?

C’était une expérience incroyable, merci à tous les gens qui lui ont donné corps ! Et pour les nouveaux, amusez-vous bien, soyez curieux, il y a beaucoup de choses à voir, de personnes à rencontrer et d’expériences à partager !

0 Avis

Laisser une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*